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40 ans, 40 portraits | Damien Verny
Damien Verny a intégré la première promotion du Master Solidarité internationale et Action sociale de l'Ircom, en 2006. Il nous raconte son parcours au sein d'Enfants du Mékong.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
J’ai commencé mes études en école d’ingénieur avec une prépa intégrée. Je suis ensuite parti en volontariat avec Enfants du Mékong avant d’intégrer la première promotion du master Solidarité de l’Ircom.
Il y avait un véritable « effet pionnier », tant chez les étudiants que parmi le corps professoral : nous étions tous dans la même barque ! Les permanents étaient bien sûr nos encadrants, mais une forme de complicité s’était créée, donnant beaucoup d’envergure à mes années de master.
On nous offrait la possibilité de constituer un réseau, en sachant que nous pourrions nous appuyer sur les générations suivantes pour le faire grandir et le développer.
Après mon passage à l’Ircom, je suis retourné chez Enfants du Mékong (EDM), où je travaille toujours en tant que directeur des opérations. Je suis marié et père de cinq enfants.
Quelle est votre mission aujourd’hui ? En quoi cette dernière vous motive-t-elle ?
Ma mission consiste à mettre en œuvre la politique de développement d’EDM afin d’aider mieux et davantage d’enfants, et de les accompagner pour qu’ils deviennent des adultes responsables et autonomes. Cela me motive profondément, car l’éducation est un processus qui prend du temps. Ce n’est qu’à long terme que l’on peut en mesurer les fruits.
Nous pourrions raconter une multitude d’histoires d’enfants issus des rizières qui grandissent, deviennent père ou mère de famille et parviennent à subvenir aux besoins de leurs proches (au sens large). Dans certains pays, notamment au Cambodge, l’accès à l’école a été un défi immense : il y a encore quelques années, une grande partie de la population ne savait ni lire ni écrire. Aujourd’hui, grâce à Enfants du Mékong, 100 % des enfants que nous accompagnons sont scolarisés.
Je suis également très touché et motivé par l’histoire plus personnelle que j’ai pu tisser avec mes propres filleuls — ces enfants que nous parrainons via EDM — et que j’ai eu la joie de rencontrer.
Un souvenir de votre vie professionnelle qui vous a particulièrement marqué ?
Ce sont surtout des souvenirs de crises qui me reviennent en mémoire. Je pense tout particulièrement au typhon qui a balayé les Philippines en 2013. À la suite de cette catastrophe, EDM a été appelé à venir en aide à des familles et des villages ayant tout perdu.
Dans ces moments de crise, on est amené à travailler encore plus en équipe. On balaie l’inutile, le superflu, pour se concentrer sur l’essentiel.
Par ailleurs, je suis toujours profondément marqué par la résilience des personnes que nous aidons. On a souvent l’impression que notre rôle est de sauver le monde, mais, en réalité, les personnes que nous accompagnons nous offrent une grande leçon d’espérance. Elles gardent espoir et se battent pour reconstruire leur vie.
Un conseil aux Alumni ?
Toujours prendre en compte ses aspirations profondes et ses rêves, et ne pas les mettre de côté pour des raisons purement matérielles (même si celles-ci ont leur importance).
Sur le plan professionnel, on a parfois l’impression qu’il faut changer régulièrement d’entreprise pour évoluer. Pourtant, la fidélité et l’engagement au sein d’une institution ou d’une organisation sont des valeurs essentielles et très recherchées dans le monde du travail. Elles sont un véritable gage de sérieux.
40 ans, ça représente quoi pour vous ?
40 ans, c’est l’âge de la crise, mais au bon sens du terme : c’est le moment où l’on est capable de tout remettre en question, non pas pour tout faire exploser, mais pour aller plus loin, prendre un nouveau souffle et grandir.
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